Merci à tous pour votre engagement tout au long de la crise Covid-19

  • vendredi 15 mai 2020

Paul FRIMAT, professeur émérite, président de l’ISTNF

Il n’aura fallu que quelques semaines après le début de la crise liée au Covid-19, pour que nos certitudes soient mises à mal : avec le déconfinement, il nous faut maintenant apprendre à travailler différemment. Il faut privilégier la protection collective et pour cela, les entreprises sont invitées à mettre en place des mesures organisationnelles et physiques : maintenir le télétravail quand c’est possible, instaurer des horaires décalés pour respecter la distanciation en diminuant l’occupation simultanée des locaux, prendre des mesures permettant d’atteindre une surface d’occupation des locaux de 4m² pour chaque salarié, mettre en place des protections matérielles telles que plexiglas, gérer les flux de personnes... L’employeur doit informer les salariés sur les gestes barrières, sur les pathologies identifiées comme présentant un risque de développer une forme grave de Covid-19 et conseiller au salarié, en cas de doute, de contacter son médecin traitant ou son médecin du travail. Les entreprises doivent également rédiger préventivement une procédure de prise en charge des personnes symptomatiques en s’appuyant sur les conseils du médecin du travail. Les événements confirment que le médecin du travail et son équipe sont présents pour conseiller les entreprises, concept qui a été souligné dans les différents rapports sur l’évolution de la discipline.

La crise confirme la spécificité de la santé au travail dans la réponse aux besoins de santé de l’entreprise, elle confirme également le rôle de la santé au travail dans les politiques de santé publique. La santé au travail retrouve une place bien précise. Le médecin du travail est invité à relayer les consignes de prévention auprès des employeurs et à aider les entreprises à réévaluer les risques pour leur permettre de mettre à jour leur document unique. Les médecins du travail peuvent dorénavant prescrire des arrêts de travail quand ils suspectent un cas de Covid-19, mais uniquement pour les salariés des entreprises dont ils ont la charge et pour le seul temps de la crise. Combien d’entre nous seront-ils réellement confrontés à cette situation ? Il faudra l’évaluer. Le médecin du travail ne peut pas réaliser de tests en pratiquant des prélèvements rhino-pharyngés, éventualité qui avait été introduite par l’ordonnance du 1er avril. Je me demande comment nous aurions pu répondre à cette mission, le personnel des services de santé au travail n’étant ni équipé ni formé pour réaliser ce type de prélèvement.

Pendant deux mois, dans les Hauts-de-France, par visio-conférences interposées, au cours de rendez-vous réguliers, autour de Brigitte Sobczak, médecin inspecteur régional, avec mon appui, avec la participation du professeur Sophie Fantoni et le concours technique de l’ISTNF, les directeurs de services de santé au travail et des médecins du travail référents de l’ensemble de ces services ont décidé d’échanger entre eux sur les procédures à mettre en place, sur les outils à utiliser, en partageant points de vue et propositions, participant ainsi à articuler, sinon, à unifier les façons de procéder d’un territoire à l’autre. Je salue ici l’implication de l’ensemble de ces professionnels, les uns et les autres ayant montré une forte implication durant le déroulement de cette crise. Le thème de la refonte de la santé au travail, qui faisait couler beaucoup d’encre il y a quelques mois encore, semble aujourd’hui secondaire par rapport aux priorités qui sont devenues les nôtres aujourd’hui. La crise pandémique n’en est pas pour autant terminée, il nous faut rester vigilant durant les semaines qui viennent afin, le cas échéant, de pouvoir contenir une deuxième vague de contamination.

Prenez le temps de vous tenir informé. Sophie Fantoni et l’équipe de l’ISTNF mettent en ligne régulièrement sur le site istnf.fr et sur twitter.com/istnf des articles, des logigrammes et des synthèses qui doivent vous permettre d’agir. J’ai demandé à l’équipe de l’ISTNF de revoir le calendrier de nos manifestations et d’imaginer de les porter sous un nouveau format afin de vous permettre de les suivre en direct, mais à distance, sur internet, comme nous avons déjà pu l’initier à plusieurs reprises cette année depuis nos locaux à Loos. Bien sûr, la JMM que nous comptions organiser le 29 mai n’aura pas lieu, pas plus que les Septentrionales, qui devaient se dérouler du 29 juin au 03 juillet. Pour autant, nous vous invitons à retenir la date de la prochaine JMM qui se déroulera le 03 juillet après-midi au cours de laquelle nous pourrions envisager un premier bilan de la crise Covid-19. Une autre JMM est programmée le 25 septembre. Nous mettons également au point une nouvelle maquette pour les Septentrionales, qui seront proposées sous un autre format, et qui se dérouleront au début du mois d’octobre. Le programme de ces journées est en cours de constitution, il sera affiché prochainement sur le site istnf.fr.

Bravo à tous pour votre engagement au côté des entreprises et des salariés, portez-vous bien, et respectez les gestes barrières.