Période d'essai d'une salariée enceinte

mardi 07 avril 2026

Cass. soc., n° 24-14.788 du 25 mars 2026 - Lorsque l'employeur rompt la période d'essai d'une salariée dont il connait l'état de grossesse, il doit justifier sa décision objectivement

L’employeur ne doit pas prendre en considération l’état de grossesse d’une femme pour refuser de l’embauche, pour rompre son contrat de travail au cours d’une période d’essai ou, sous réserve d’une affectation temporaire pour prononcer une mutation d’emploi (article L. 1225-1 du Code du travail).

En cas de litige, l'employeur communique au juge tous les éléments de nature à justifier sa décision et lorsqu'un doute subsiste, il profite à la salariée enceinte (article L. 1225-3 du Code du travail).

Dans cet arrêt publié du 25 mars 2026, la Cour de cassation affirme que lorsque la rupture de la période d’essai à l’initiative de l’employeur intervient après qu’il a été informé de l’état de grossesse de la salariée, il lui appartient d’établir que sa décision est justifiée par des éléments sans lien avec l’état de grossesse.

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En l’espèce, une salariée en période d’essai déclare à son employeur son état de grossesse. 1 mois et demi après, l’employeur décide de rompre la période d’essai.

La Cour d’appel valide cette rupture en rappelant que l'employeur n'a pas à justifier des raisons pour lesquelles il met fin à une période d'essai. En outre, la salariée n'établit aucun élément de fait laissant supposer l'existence d'une discrimination directe ou indirecte.

La Cour de cassation censure l’arrêt d’appel qui a inversé la charge de la preuve. En effet, l’employeur ayant été informé de la grossesse de la salariée avant la rupture de la période d'essai, il lui appartenait de justifier sa décision objectivement, par des motifs étrangers à l’état de grossesse de la salariée.

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Retrouver le texte officiel sur le site de la Cour de cassation

 

 

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Récapitulatif des mises en ligne sur KALIPSO du 23 mars au 3 avril 2026

QUESTION / RÉPONSE

Décret du 18 avril 2025 modifiant le SIR : quid de la contestation autour de l'attestation de non-contre-indications médicales ?

JURISPRUDENCE